On est le 24 septembre et Neela, en moyenne section de maternelle, en est déjà à son quatrième instituteur. Pas moins.

Le jour de la rentrée, on a fait la connaissance de sa maitresse "officielle". L'après midi, quand je suis allé chercher Neela, il y avait déjà une remplaçante. J'ai toujours pas compris comment cet remplaçante avait été trouvé dans l'heure du midi... La titulaire est officiellement en arrêt maladie. Elle le sera vraisemblablement jusqu'au 17 octobre, soit une semaine avant les vacances. Certains disent qu'elle ne reviendrait certainement pas de toute l'année scolaire. C'est très optimiste...

Dès le lundi, la remplaçante avait disparu au profit d'un remplaçant.

Bon, déjà 3 remplaçants en 3 jours, c'est moyen.

Manue est allée samedi matin à la réunion de Parents. Le maitre fait du misérabilisme en disant que comme il est remplaçant, il n'a pas les moyens pour commander les fournitures de la titulaire et qu'il fait donc avec les moyens du bord. Un élève particulièrement perturbateur pose problème dans la classe et qu'il a du mal à le gérer. Tout ça fait que Manue et moi avons un peu peur de l'année scolaire que va vivre Neela :( De plus le maitre, qui aurait certainement du la fermer sur ce coup là, avoue qu'il n'est pas à l'aise avec des maternelles et préfère les primaires. Bien, bien, bien, comment mettre en confiance des parents...

Rebondissement : mardi matin, le maitre est absent. Malade... Retour le 17 octobre...

Bien...

Manue, encore en congé maternité, rentre à la maison avec Neela.

Hier : nouveau remplaçant. Manue m'appelle pour me prévenir, particulièrement excédée. Et il y a de quoi. Elle a appris qu'en fait, depuis son affectation, le maitre appelle tous les jours l'inspection d'académie pour être affecté autre part.

Ce qui fait qu'on fini par se poser la question sur le fait que son arrêt maladie n'est pas juste un moyen de couper court à ces obligations.

Une amie à moi, qui est instit en ZEP, me disait que l'inconvénient des écoles maternelles, et surtout en ZEP, c'est la démission totale des parents et le j'm'en-foutisme des inspecteurs d'académie : les gamins de moyennes sections, c'est pas prioritaire, et comme les parents ne gueulent jamais, ça risque pas de s'arranger. Elle me disait que finalement, ce qu'il faudrait faire, c'est appeler systématiquement le rectorat pour se plaindre quand il y a des soucis sur le remplacement des instituteurs.

Mais quand je vois que sur 23 élèves dans la classe de Neela, seulement 6 parents se sont pointés à la réunion, on voit que ça ne risque de ne pas s'arranger. Et ma soeur Bénédicte, qui est enseignante et maintenant directrice d'école, sait pertinemment ce que c'est que d'enseigner dans des quartiers "difficiles", ça a été ces premières années d'enseignement...

Tout ça pour dire qu'on commence à avoir un peu peur du devenir de Neela à l'école dans notre patelin, et qu'il va falloir qu'on réfléchisse à ce qu'on va faire pour résoudre, ou tout du moins contourner, le problème. Plusieurs choix s'offrent à nous, on va y réfléchir...